

La fin de l'année 2020, qui restera dans toutes les mémoires, s'est plutôt bien terminée.
Les derniers obstacles ont pu être franchis in extremis, avec un accord a minima sur le Brexit et un vote sur le plan de relance aux Etats-Unis de 900 milliards de dollars, permettant de prolonger les aides jusqu'à la fin mars et d'éviter une mise à l'arrêt (shutdown) des services publics.
Les marchés ont apprécié, en reprenant leur mouvement haussier et terminant cette année de tous les extrêmes sur un rallye.
Les indicateurs d'activité économique pour le mois de décembre ont été contrastés d'une région du monde à une autre.
A partir d'un niveau élevé, les Etats-Unis ont connu un ralentissement d'après l'indice IHS Markit des PMI composite qui poursuit son repli observé depuis le début du 4ème trimestre, à 55,3 points contre 58,6 points pour le mois précédent. Ce mouvement s'accompagne de 140 000 destructions d'emplois sur le mois, reflétant la résurgence de la pandémie.
A l'inverse, la zone euro affiche un PMI composite en hausse à 49,1 points contre 45,3 points en novembre porté par un rebond d'activité sur les services. Les restrictions de l'automne, moins radicales qu'au printemps ont moins pesé sur l'activité.
La dynamique chinoise est en léger repli, l'indicateur composite de Caixin revenant à 55,8 points contre 57,5 points en novembre.
Le premier évènement très attendu de la nouvelle année portait sur les élections sénatoriales en Géorgie. La victoire des démocrates, qui leur procure de justesse la majorité au Sénat et donc du Congrès dans son ensemble, a rassuré les marchés. Ce résultat serré doit permettre au Président élu de mettre en œuvre la composante de forte relance budgétaire de son programme, d'amplification des mesures de soutien face au nouveau pic de la pandémie, puis d'investissements massifs en infrastructures prévus sur quatre ans. Cette 2ème partie est un préalable nécessaire aux ambitions de transition énergétique, qui fort heureusement viennent prendre le contrepied de son prédécesseur !
Ceci, sans pour autant lui laisser les coudées franches sur le volet des réformes fiscales, affectant les résultats après impôts des entreprises et, par là-même, autrement moins apprécié par les marchés financiers.
Joe Biden vient d'ailleurs d'annoncer le nouveau plan de relance à hauteur de 1900 milliards de dollars, soit 10 % du PIB. Ce plan porte notamment l'aide directe en faveur des ménages les plus démunis, de 600 à 2000 dollars, et le salaire horaire minimum à 15 dollars, soit plus du double du minimum actuel.
En parallèle, le Président de la Réserve Fédérale, Jérôme Powel, a réaffirmé le maintien d'une politique accommodante et le fait que le temps de la hausse des taux n'était pas venu…
La « vague bleue » formée par les élections conduit les économistes à réviser à la hausse leurs prévisions sur la vigueur de la reprise économique. Elle a pour corollaire une hausse sensible des anticipations d'inflation qui se traduit d'ores et déjà par un rebond des taux d'intérêt à long terme. Le fameux taux à 10 ans américain est ainsi passé de 0,80 à 1,15 % en l'espace de quelques jours, avant de revenir à 1,10 %. Une autre conséquence porte sur le dollar, qui rebondi après une phase d'affaiblissement continu. La suite de cette réaction en chaine se traduit par une baisse des prix pétroliers et de l'once d'or et d'argent après leur fermeté au cours des dernières semaines.
La crise sanitaire demeure au coeur de l'actualité et les variants du Covid-19 d'origines diverses, qualifiés plus contagieux et plus virulents, amplifient les mesures de prudences.
Le rythme des vaccinations déçoit et leur efficacité face à certains variants de souches différentes semble poser question.
Malgré les plans de soutiens massifs, les conditions financières très favorables orchestrées par les banques centrales et la baisse du risque politique (ère Trump révolue, Brexit) les prochains mois s'annoncent encore bien délicats. Les marchés financiers se sont clairement projetés au-delà depuis l'arrivée des premiers vaccins, anticipant un retour progressif à la vie normale à partir du second semestre.
Fort d'un taux d'épargne très élevé (supérieur à 15 % aux Etats-Unis), l'effet rattrapage sur la consommation pourrait alors être considérable, d'où les projections de reflation. La solidité de l'hypothèse de sortie de crise, sur laquelle repose ce scénario, sera l'objet de toutes les attentions.
Son évaluation continue et son impact sur le sentiment des investisseurs entretiendra la volatilité et impliquera toujours une capacité d'adaptation rapide des allocations de portefeuilles, tout en gardant un cap fixé sur les enjeux de développements durables qui drainent les flux d'investissements.
Achevé de rédiger le 15 janvier 2021
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