
Face à la série de bouleversements majeurs intervenus depuis le début de l'année, le premier semestre a été particulièrement négatif sur la plupart des marchés financiers et classes d'actifs.
Aux Etats-Unis l'indice S&P 500 marque ainsi son plus fort repli observé sur un premier semestre depuis quarante ans.
Après la phase de correction qui avait particulièrement affecté les valeurs de croissance en début d'année face à la hausse des taux longs, ce sont les craintes de récession qui ont alimenté la vive correction intervenue sur le mois de juin.
Ces anticipations se sont d'ailleurs traduites par une forte baisse des matières premières depuis leurs plus hauts atteints au mois de mars. Indicateur avancé du cycle économique, le cuivre a ainsi corrigé de 30 %.
Le FMI vient d'ailleurs de pointer ce risque de récession pour l'année 2023, assorti pour l'Europe d'un risque de pénurie de gaz Russe. Autre signal, la courbe des taux américains s'est de nouveaux inversée, les taux à dix ans repassant sous le niveau des taux à 2 ans.
Aux Etats-Unis, le resserrement accéléré des conditions financières mené par la Réserve fédérale pour juguler l'inflation se traduit d'ores et déjà par un ralentissement économique. L'ISM manufacturier publié pour le mois de juin ressort à 53 points, contre 56,1 points le mois précédent. L'indicateur des nouvelles commandes fléchit nettement, à 49,2 points contre 55,1 points en mai.
La consommation des ménages au mois de mai affiche une baisse de 0,4 % en volume, portant sur les biens durables (automobiles et biens d'équipement). Ceci, malgré un marché de l'emploi toujours très ferme et un indicateur PCE (indice des Prix de Base de la Consommation des Particuliers, hors produits alimentaires et énergétiques) en légère baisse pour le deuxième mois consécutif.
Les prochains chiffres d'inflation qui seront publiés le 13 juillet sont, pour l'indice global, attendus toujours en hausse, à un niveau proche de 9 % sur un an, après un chiffre de + 8,6 % le mois dernier qui avait contredit les prévisions du consensus des économistes et entrainé une séquence de forte correction sur les marchés d'actions.
Publiées ce jour, les créations d'emplois sur le mois de juin s'élèvent à 372000. Un chiffre là encore supérieur aux prévisions qui étaient de 268 000 créations. Le taux de chômage reste stable à 3,6 % et le salaire horaire moyen affiche une progression annuelle de 5,1%, en léger ralentissement par rapport au chiffre de mai qui était de + 5,3 %.
Une nouvelle hausse des taux directeurs de 0,75 % est attendue lors du prochain comité de la FED qui se tiendra les 26 et 27 juillet.
En zone euro, l'inflation globale marque aussi un nouveau plus haut à +8,6 % sur un an, contre +8,1% relevé en mai, avec des prix de l'énergie qui bondissent de +41,9 % sur un an. En revanche, l'inflation sous- jacente est stable à +3,7 % sur un an.
Malgré une baisse du climat des affaires, le taux de chômage poursuit sa baisse à 6,6 %.
Une première hausse des taux directeurs par la BCE est prévue lors de son prochain comité du 21 juillet. Par ailleurs, depuis le début de ce mois et suite à la fin de son programme PEPP de rachat d'actifs (Pandemic Emergency Purchase Programme), la banque centrale a initié le réinvestissement des émissions obligataires venant à échéance selon une approche flexible visant à contrer le risque de fragmentation des marchés financiers entre pays coeur et pays dits périphériques. Elle devrait y ajouter un dispositif « anti-fragmentation » plus musclé, actuellement en préparation, selon ses communiqués.
Ce risque propre à la zone euro ainsi que l'écart prononcé de rendement entre les taux américains et les taux européens a d'ailleurs accentué la dépréciation de l'euro face au dollar, dont le rapport est maintenant proche de la parité.
Au Japon, la production industrielle marque son plus fort repli (-7,2 % en rythme mensuel) depuis 2 ans. L'activité du pays a été affectée, non seulement par les restrictions sanitaires de son voisin et partenaire chinois, mais aussi par la hausse des prix de l'énergie, conjuguée à une forte baisse du yen face au dollar qui accroit le coût des importations.
En Chine, la levée des confinements strictes intervenue début juin se traduit par une reprise d'activité. Le PMI manufacturier repasse au-dessus de la zone de contraction, à 50,2 points et, de manière plus prononcée, l'activité des services se redresse de 6,9 points, à 54,7 points sur ce mois de juin.
La vague Omicron sévit encore et de nouveaux confinements ont été récemment instaurés dans les régions concernées.
Le gouvernent poursuit et intensifie ses actions de soutien à l'économie. Le Premier ministre, Li Keqiang, a récemment annoncé un nouveau de plan de financement axé sur les infrastructures. Cette annonce a d'ailleurs participé au rebond des marchés financiers de ces derniers jours.
Les prochaines semaines seront animées par la saison de publications des résultats des entreprises pour le second trimestre. Étonnamment au regard du contexte général très adverse, le consensus des analystes financiers prévoit toujours une hausse des bénéfices de l'ordre de 7 % sur l'année.
Si certains secteurs d'activité peuvent s'avérer très résilients, la plupart risquent pourtant de voir leurs marges affectées par la hausse des prix de production. Leurs perspectives vont probablement prendre une tournure plus réservée.
Achevé de rédiger le 08 juillet 2022
• • les textes et documents n'ont pas de valeur contractuelle, sauf mention contraire expresse. Les informations communiquées sont génériques et ne constituent ni un conseil personnalisé ni une recommandation d'investir ou de vendre ;
• Elles ne constituent pas une offre, une sollicitation ou une recommandation d'adopter une stratégie d'investissement. La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent varier à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer les montants initialement investis.
• les communications des sociétés de gestion, assureurs, banquiers ou promoteurs immobiliers peuvent avoir un caractère commercial : vous êtes invité à en prendre connaissance avec un oeil critique ;
• les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures ;
• tous les placements présentent des risques spécifiques tels que le risque lié à une gestion discrétionnaire, le risque de perte en capital, le risque de liquidité, le risque de change : vous devez prendre connaissance des facteurs de risques spécifiques à chaque solution avant toute décision d'investissement ;
• tous les placements sont soumis à une fiscalité qui dépend du placement lui-même et/ou de la situation personnelle de l'investisseur : vous devez vous informer de la fiscalité applicable à votre situation avant toute décision d'investissement (étant entendu que la fiscalité peut toujours évoluer durant la vie de votre investissement en cas de réforme fiscale) ;
• tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou de son conseiller pour se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement indépendamment des opinions et avis communiqués par les gestionnaires, et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale et personnelle.