

Alors que les marchés actions américains s'éloignaient de leurs niveaux records atteints fin octobre, la publication très positive et au-dessus des attentes, le 19 novembre après séance, de Nvidia est venue ponctuellement rassurer les investisseurs.
Le facteur déclencheur du repli au cours de ce mois de novembre était venu (une fois de plus) de la Réserve fédérale américaine, qui bien qu'ayant baissé comme prévu ses taux directeurs d'un nouveau quart de point, a refroidi l'ambiance avec un message très conservateur par la voix de son Président Jerome Powell.
Les probabilités d'une nouvelle baisse de taux lors de son prochain comité de décembre ayant fondu de 75 % environ à moins de 50 %, les marchés se sont ajustés à la baisse.
Nous noterons cependant un aspect plus positif de politique monétaire (peu repris par la presse financière) sur le fait que le comité de la FED ait décidé de mettre fin à la diminution de son bilan et d'agir sur sa composition en reprenant en décembre ses achats de bons du Trésor. Cette décision vise à améliorer le niveau des réserves bancaires et le coût de la liquidité.
Toujours est-il qu'en raison du shutdown qui aura duré 43 jours (plus longue période de l'histoire des Etats-Unis), la banque centrale manque de données pour évaluer correctement la situation économique du pays et se méfie toujours des effets différés des droits douane sur l'inflation.
Le vote finalisé le 12 novembre à la Chambre des représentants d'une résolution pour reprendre le financement du budget fédéral jusqu'au 31 janvier prochain a ponctuellement soulagé les marchés.
Si ses impacts ne sont pas encore chiffrés, ce long shutdown aura naturellement affecté le PIB du 4ème trimestre et pesé sur la confiance des ménages, qui d'après la première estimation de l'Université du Michigan, baisse pour le 4ème mois de suite et retombe au plus bas du choc d'inflation de 2022.
Pour autant, le rapport sur l'emploi du mois de septembre communiqué en différé le 20 novembre (sa diffusion planifiée au 3 octobre n'avait pu avoir lieu en raison de la fermeture des administrations) fait état d'un volume de créations d'emplois très supérieur aux attentes (119000 contre 53000 attendues). On observe néanmoins une poursuite de la progression du taux de chômage, à 4,4 % contre 4,3 % sur le mois d'août.
Un autre facteur de repli des valeurs phares américaines a porté sur les doutes quant à la pertinence économique de leurs investissements colossaux consacrés au développement de l'intelligence artificielle, faisant écho à la formation d'une bulle spéculative.
A cet égard, les résultats records de Nvidia et perspectives communiquées par la société, première capitalisation mondiale et clé de voute du secteur technologique américain, ont calmé ces craintes, au moins pour quelques temps.
Enfin, un 3ème facteur de baisse émane probablement de flux vendeurs sur ces fameuses valeurs américaines de la part des porteurs de cryptoactifs, contraints de libérer des liquidités pour faire face aux appels de marges déclenchés par la forte correction de ces derniers.
La hausse de la volatilité observée ces dernières semaines s'accompagne de forts mouvements de rotations sectorielles. Afin d'en atténuer les effets et risques associés, une diversification large mais ciblée et active nous parait primordiale.
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