

Conformément à ce que l'on pouvait en attendre et comme nous l'indiquions début août, l'actualité politique qui a occupé le devant de la scène ces dernière semaines a entretenu la volatilité des marchés financiers.
La recomposition des alliances en Italie, le vent de révolte à Hong-Kong, les démarches hâtives de Boris Johnson pour concrétiser un Brexit, avec ou sans accord, l'application des droits de douane de 10 % sur la tranche de 300 milliards de dollars d'importations chinoises annoncée début août par le Président Trump etc... ont été les vecteurs de cette volatilité.
Pour autant, les dernières évolutions ont eu le mérite d'écarter certains risques, du moins à court terme.
Les revers subis tour à tour par Matteo Salvini, puis par Boris Johnson, le retrait annoncé le 4 septembre à Hong Kong du texte controversé sur les extraditions vers la Chine, les tout récents gestes Chinois puis Américains de désescalade sur le front des relations commerciales, viennent clamer le jeu sur ces différents foyers de risques.
La poursuite des discussions sino-américaines a d'ailleurs été confirmée par le Ministère du Commerce Chinois, avec la programmation d'une prochaine rencontre en octobre aux Etats-Unis.
Sur le plan économique, alors que les taux d'intérêt avaient amplifié leur mouvement général de baisse tout au long du mois d'aout, la publication, le jeudi 05 septembre, de l'indice d'activité des services (ISM) en nette hausse a surpris les marchés et provoqué un brusque réajustement sur les taux d'intérêt.
Le taux à 10 ans américain est repassé nettement au-dessus des 1,5 %, le taux à 30 ans, au-dessus des 2 %, le Bund allemand est remonté de -0,70 % à - 0,57 % et l'OAT française de -0,40 à -0,28 %.
Ce mouvement est également venu recaler les anticipations de baisses de taux de la part de la réserve fédérale américaine qui étaient très (trop) ambitieuses.
Il s'est aussi traduit par un repli de l'or, consécutif à sa précédente phase d'accélération à la hausse qui avait été portée par la chute de ces taux longs.
Après avoir reflété la baisse des PMI industriels en subissant plusieurs séances de fortes baisses, les prix pétroliers se raffermissent, aidés par une baisse des stocks aux Etats-Unis et par une volonté apparente de l'Arabie Saoudite de poursuivre la politique de régulation de l'offre.
Par ailleurs, toujours pour lutter contre la baisse d'activité de son économie, la Chine a étoffé ses mesures de soutien, par une nouvelle baisse du taux de réserves obligatoires.
Enfin, et c'était là un rendez-vous majeur très attendu de cette rentrée, la Banque Centrale Européenne a présenté le 12 septembre son dispositif additionnel de soutien, motivé par ses prévisions pessimistes de croissance et d'inflation. Elle estime maintenant la croissance de la zone euro au rythme de 1,1 % pour 2019 et prévoit une chiffre d'1,2 % pour 2020, contre des estimations respectivement de 1,2 % et de 1,4 % en juin dernier. Ses prévisions d'inflation ont également été abaissées.
Ce dispositif contient une baisse additionnelle de 10 points de son taux de dépôt négatif, qui passe de -0,4 % à -0,5 %, une reprise du programme de rachats d'actifs à hauteur de 20 Milliards d'euros à compter du 1er novembre prochain et sans limite calendaire pré définie, un assouplissement des modalités du TLTRO III (Targeted Longer Term Refinancing Operations) et comme évoqué lors de son précédent comité, un mécanisme de taux différenciés qui prévoit d'exempter de taux négatifs les liquidités excédentaires des banques commerciales.
Ces annonces étaient pour partie anticipées par les marchés financiers, à l'image de l'indice parisien des plus grandes capitalisations (CAC 40) qui revenait tutoyer le haut de sa fourchette de fluctuation observé depuis le début de l'année. Leur présentation confirmée est venue conforter la reconquête de ces points hauts.
La prochaine étape repose maintenant sur les épaules de réserve fédérale américaine qui tient son comité le 16 septembre. Son Président, Jerome Powell, fait toujours l'objet d'une très forte pression de la part de Donald Trump, qui demande maintenant des taux négatifs !!! (citant l'exemple de la zone euro).
Si l'économie américaine ralentit également, son rythme demeure bien supérieur, avec un quasi plein emploi et par voie de conséquence des salaires en hausse qui pourraient se traduire par un retour d'inflation.
A titre préventif, face au ralentissement provoqué par le bras de fer commercial et au choc de confiance qu'il commence à engendrer, la FED devrait baisser à nouveau son taux directeur d'un quart de point, qui passerait ainsi de 2,25 % à 2 % (bien loin du négatif, n'en déplaise à Monsieur Trump…).
Ce pilotage des grandes banques centrales permet aux marchés d'actions de conserver des primes de risques (écart entre le rendement de leurs dividendes et les taux d'intérêt offerts par les obligations d'Etat) très élevées et atténue les risques de récession. Il justifie de rester exposé à ces actifs pour les prochains mois.
Au-delà, pour dégager l'horizon des investisseurs, il incombe aux gouvernements des grandes puissances économiques de s'entendre un tant soit peu afin de restaurer une certaine confiance et permettre ainsi une reprise du cycle de croissance de l'économique mondiale.
Achevé de rédiger le 13 septembre 2019
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