
Créés par la loi pour l'initiative économique du 1er août 2003, également appelée « loi Dutreil », les fonds d'investissement de proximité (FIP) ont pour objectif de financer le développement des petites et moyennes entreprises (PME) en orientant une partie de l'épargne des particuliers vers les entreprises régionales.
Les FIP appartiennent à la famille des fonds de capital-investissement. Ils investissent principalement dans des entreprises non cotées, afin de financer leur croissance, leur transmission ou leurs projets de développement.
Depuis le 16 février 2025, les souscriptions de nouveaux FIP classiques métropolitains n'ouvrent plus droit à une réduction d'impôt sur le revenu.
En revanche, deux catégories de FIP bénéficient toujours d'un dispositif fiscal spécifique :
Les FIP classiques souscrits antérieurement continuent d'exister et poursuivent leurs investissements ou leur liquidation selon les règles qui leur sont applicables.
Cette évolution ne signifie donc pas la disparition juridique des FIP, mais le recentrage de l'avantage fiscal accordé aux nouvelles souscriptions sur la Corse et l'outre-mer.
Conformément à l'article L. 214-31 du Code monétaire et financier, les FIP doivent investir au moins 70 % de leur actif dans des titres et instruments financiers répondant aux conditions légales d'éligibilité.
Les entreprises financées doivent notamment appartenir à la catégorie des PME au sens de la réglementation européenne.
Une PME est une entreprise qui emploie moins de 250 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan annuel n'excède pas 43 millions d'euros.
Les sociétés retenues dans le quota réglementaire doivent également satisfaire à d'autres critères relatifs à leur activité, leur situation financière, leur implantation géographique et leur régime d'imposition.
Les FIP peuvent investir dans des secteurs économiques variés, notamment l'industrie, les services, le commerce ou certaines activités artisanales, sous réserve des exclusions prévues par la réglementation.
Contrairement aux FCPI investissant dans l'innovation, les FIP n'imposent pas que les entreprises financées présentent un caractère innovant. Leur vocation principale consiste à soutenir le développement économique des territoires concernés.
Les FIP Corses sont une catégorie spécifique de fonds d'investissement de proximité destinés à financer le développement des petites et moyennes entreprises exerçant leur activité en Corse.
Pour bénéficier du régime fiscal propre aux FIP Corses, le fonds doit investir au moins 70 % de son actif dans des entreprises exerçant exclusivement leur activité dans des établissements situés en Corse, selon les conditions prévues par la réglementation.
Les entreprises financées peuvent appartenir à différents secteurs économiques, notamment l'industrie, les services, le commerce, l'artisanat ou d'autres activités opérationnelles éligibles.
Les investissements permettent notamment de renforcer leurs fonds propres, de financer leur croissance ou d'accompagner leur transmission.
Le fonds est géré par une société de gestion spécialisée, chargée de sélectionner les entreprises et de suivre les participations jusqu'à leur cession.
Les FIP Corses conservent en 2026 un régime spécifique de réduction d'impôt sur le revenu, sous réserve du respect des conditions légales.
Les FIP Ultramarins, également appelés FIP outre-mer, ont pour objectif de contribuer au financement des PME situées dans les territoires ultramarins éligibles.
Ces fonds doivent investir au moins 70 % de leur actif dans des entreprises exerçant exclusivement leurs activités dans les collectivités ultramarines prévues par la loi, afin de bénéficier du régime fiscal spécifique.
Les territoires concernés comprennent notamment :
Les FIP Ultramarins peuvent participer au financement d'entreprises appartenant à des secteurs variés, notamment les services, l'industrie, le commerce ou les activités productives éligibles.
Ils contribuent ainsi au renforcement des fonds propres des PME et au développement économique des territoires ultramarins.
Comme les FIP Corses, les FIP Ultramarins bénéficient en 2026 d'un régime spécifique de réduction d'impôt sur le revenu, sous réserve du respect des conditions légales.
Les FIP doivent consacrer au minimum 70 % de leur actif aux investissements répondant aux critères réglementaires. La fraction restante peut être investie dans d'autres supports autorisés.
Cette partie du portefeuille, représentant au maximum 30 % de l'actif lorsque le fonds retient le quota réglementaire minimal, peut notamment comprendre des liquidités, des placements monétaires, des obligations ou des participations dans d'autres entreprises.
La composition exacte de cette fraction dépend de la stratégie de la société de gestion et des limites prévues par le règlement du fonds.
La partie hors quota n'est pas nécessairement investie dans des actifs peu risqués. Elle peut également comporter des investissements non cotés présentant un risque de perte en capital.
Un FIP est constitué et géré par une société de gestion spécialisée dans l'investissement au capital des PME.
Son fonctionnement comprend généralement quatre grandes phases :
Les FIP Corses et Ultramarins disposent d'un délai réglementaire maximal de 48 mois après la clôture de la période de souscription pour atteindre leur quota minimal de 70 %, dans les conditions prévues par la réglementation applicable en 2026.
La durée totale de vie du fonds est généralement plus longue que sa seule période d'investissement. Les capitaux souscrits peuvent rester immobilisés pendant plusieurs années jusqu'à la liquidation du portefeuille.
Les FIP présentent un risque de perte partielle ou totale en capital et une liquidité limitée.
Depuis leur création en 2003, les fonds d'investissement de proximité ont fait l'objet de plusieurs réformes concernant leur zone d'investissement, la nature des entreprises financées et les avantages fiscaux accordés aux souscripteurs.
Initialement destinés à financer les PME de régions géographiquement proches, les FIP ont progressivement évolué vers des règles plus diversifiées.
Depuis le 16 février 2025, les nouvelles souscriptions de FIP classiques métropolitains ne permettent plus de bénéficier de la réduction d'impôt sur le revenu.
Le dispositif fiscal est désormais recentré sur les FIP Corses et les FIP Ultramarins.
Les FIP constitués antérieurement restent néanmoins soumis aux règles applicables à leur fonctionnement et poursuivent leur gestion ou leur liquidation jusqu'à leur terme.
Les PME dans lesquelles le FIP investit doivent :
L'objectif du législateur est de renforcer les fonds propres des entreprises. C'est pourquoi il a prévu un minimum à investir dans le cadre d'une augmentation de capital.

