

Alors que les préoccupations des marchés financiers étaient depuis des mois focalisées sur l'évolution de l'inflation et des politiques monétaires des banques centrales, les évènements abominables survenus le 7 octobre au Proche-Orient et les risques d'escalade qui en découlent, prennent aujourd'hui le dessus sur toute autre considération.
Après la stupeur et l'immense désolation face à la barbarie et aux drames humains, les évolutions géopolitiques à venir seront déterminantes au cours des prochaines semaines.
Au début du mois, et après un mois de septembre en repli, les marchés d'actions commençaient à redonner du crédit au scenario positif d'un atterrissage en douceur de l'économie américaine.
Un accord provisoire (valable jusqu'au 17 novembre) obtenu in extremis fin septembre par la Chambre des représentants, différant le risque de fermetures d'administrations fédérales faute de budget de fonctionnement, avait permis de reporter ce risque.
Ce fut ensuite un rapport sur l'emploi, qui fut jugé encourageant en 2ème lecture. En effet, malgré un niveau de créations d'emplois très au-dessus des attentes (336 000contre 165000) et un taux de chômage inchangé à 3,8 %, une poursuite du ralentissement du rythme de hausse du salaire horaire moyen, soit +4,2 % sur un an contre plus 4,3 % le mois précédent, a rassuré les investisseurs.
Sur le plan de l'activité économique, d'après l'indice ISM relevé à 49 points contre 47,6 points le mois précédent, le secteur manufacturier se reprend. Et ce malgré les grèves persistantes dans le secteur automobile, motivées par de fortes revendications salariales. En revanche, le secteur des services ralentit, l'indice ISM affichant 53,6 points contre 54,5 auparavant.
Sur le mois de septembre, les chiffres d'inflation sont inchangés mais d'après l'enquête de confiance des ménages menée par l'université du Michigan, les anticipations d'inflation remontent et la confiance des ménages chute, à 63 points (contre 68,1 lors de la précédente et 68 points attendus).
La forte hausse des prix pétroliers depuis le début de l'été et la poursuite haussière des taux hypothécaires en sont probablement les vecteurs.
A cet égard, le taux de référence des obligations à dix ans a subi une forte hausse, atteignant début octobre un plus haut depuis 2007, à 4,85 %, avant de refluer à 4,61 % à la suite de l'effroyable attaque du Hamas en territoire Israélien.
Plusieurs membres de la Réserve fédérale ont d'ailleurs récemment exprimé le fait qu'une telle hausse équivalait à un resserrement des taux directeurs de 0,25 %, laissant entendre que cette mesure, encore envisagée lors du dernier comité de l'institution, serait probablement caduque.
D'autres membres vont encore s'exprimer au cours des prochains jours, (dont son Président, Jerome Powell, le jeudi 19 octobre) en amont du prochain comité qui se tiendra le 1er novembre.
En zone euro, l'économie est toujours à la peine et la consommation des ménages poursuit son déclin. Malgré un taux de chômage sur un plus bas historique à 6,4 %, les ventes au détail sont en repli de 2,2 % sur un an. En dépit d'une hausse des salaires observées dans la plupart des grandes entreprises, le fort rebond des prix pétroliers constitue de nouveau une forte contrainte sur le pouvoir d'achat.
Le baril de Brent, qui après avoir atteint fin septembre un plus haut à 92,14 dollars, était revenu à 84,58 dollars début octobre, avant de repartir à la hausse (repassant au-dessus des 90 dollars le 13 octobre) déclenchée par l'attaque du 7 octobre.
La forte détente des taux sur les marchés obligataires et le retour du risque géopolitique au premier plan ont aussi eu pour conséquence un net rebond de l'once d'or, de plus de 4 % sur la semaine du 9 au 13 octobre.
Enfin, la saison des résultats du 3ème trimestre a débuté avec quelques premières publications marquantes. En France, la publication des résultats de LVMH, en-dessous des attentes, notamment pour la division des vins et spiritueux a déçu. Le titre a subi une baisse de plus de 6 % en séance, entrainant l'ensemble du secteur du luxe à la baisse.
En revanche, les premières publications de grandes banque américaines, (JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo le 13 octobre), en fortes hausses (bénéficiant pour leur part de la hausse des taux d'intérêt perçus sur les dépôts) se sont traduites par une nette hausse de leur cotation.
La suite du mois d'octobre, qui en temps normal aurait dû être principalement animée par ces publications de résultats, devrait cependant l'être avant tout par la tournure du conflit au Proche-Orient qui vient s'ajouter au conflit Russo-Ukrainien.
Achevé de rédiger le 15 octobre 2023
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