Précisions sur le régime du certificat successoral européen

Vendredi 23 juillet 2021
image

Une copie certifiée conforme du CSE portant la mention « durée illimitée » est valable pour une durée de six mois à partir de la date de sa délivrance et produit ses effets si elle était valable lors de sa présentation initiale à l'autorité compétente.

Un homme décède en Espagne le 5 mai 2017, laissant un fils et une fille. Le règlement de la succession a lieu devant un notaire espagnol, conformément au droit espagnol. Afin de prouver leur qualité d'héritier et d'obtenir la restitution d'une somme d'argent et de titres mis en dépôt judiciaire par une banque autrichienne, les enfants présentent une copie certifiée d'un certificat successoral européen (CSE) délivrée par le notaire espagnol à la demande du fils. Contrairement aux dispositions du règlement UE 650/2012 du 4 juillet 2012 sur les successions, qui prévoient qu'une copie certifiée conforme de CSE a une durée de validité de six mois, le document remis par le notaire mentionne une durée de validité illimitée.

La demande en restitution des héritiers est rejetée par les juridictions autrichiennes tant en première instance qu'en appel. L'affaire étant portée devant la Cour suprême d'Autriche, celle-ci pose plusieurs questions préjudicielles à la CJUE concernant la validité de la copie produite et la détermination des personnes bénéficiant des effets du certificat.

Ce qui permet à la juridiction européenne d'apporter les précisions suivantes :

  • une copie certifiée conforme du CSE portant la mention « durée illimitée » est valable pour une durée de six mois à partir de la date de sa délivrance et produit ses effets si elle était valable lors de sa présentation initiale à l'autorité compétente. Parmi les différents arguments avancés pour justifier le second point, on retiendra celui-ci : si la validité de la copie était exigée à la date de l'adoption de la décision sollicitée ou pendant la procédure judiciaire la concernant (et non à la date de présentation de la demande), les héritiers et autres ayants droit à la succession devraient, le cas échéant, demander et présenter à plusieurs reprises une telle copie. Pareille interprétation engendrerait des retards, des démarches et des efforts supplémentaires, ce qui serait contraire à l'objectif du règlement ;
  • le CSE produit des effets à l'égard de toutes les personnes qui y sont nommément citées, même si elles n'en ont pas demandé elles-mêmes la délivrance. À l'appui de cette solution, la Cour de justice retient notamment que l'autorité émettrice, qui conserve l'original du certificat, délivre une ou plusieurs copies certifiées conformes au demandeur et à toute personne justifiant d'un intérêt légitime (Règl. 650/2012 art. 70 § 1). Une obligation imposant que la personne qui se prévaut de la copie certifiée soit impérativement celle qui a demandé le certificat initialement serait donc contraire au libellé même de cet article.

A noter :

Rappelons que le règlement 650/2012 du 4 juillet 2012 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l'exécution des décisions, et l'acceptation et l'exécution des actes authentiques en matière de successions et à la création d'un certificat successoral européen, est applicable aux successions ouvertes depuis le 17 août 2015 (Règl. 650/2012 art. 83 § 1), ce qui était le cas en l'espèce.

L'objet du CSE est de permettre aux héritiers et légataires de prouver dans un autre État membre leur qualité et la quote-part qui leur revient dans la succession ainsi que l'attribution à leur profit d'un ou plusieurs biens déterminés faisant partie de la succession. Il doit également permettre aux exécuteurs testamentaires ou administrateurs de prouver leurs pouvoirs dans un autre État membre (Règl. 650/2012 art. 63). C'est une sorte de « super acte de notoriété » (R. Crône, Le certificat successoral européen, « super acte de notoriété » des successions transfrontalières : Sol. Not. 10/12 inf. 265).

Les effets importants reconnus au CSE justifieraient la limitation de la durée de validité des copies certifiées conformes, d'autant plus que la liquidation d'une succession peut révéler au fur et à mesure de nouveaux éléments (A. Bonomi et P. Wautelet : Le droit européen des successions, Bruylant 2e éd. 2016, p. 910 no 14). Cette limitation de la validité peut être une raison de déposer une demande de certificat national dans l'État membre où sont situés des éléments de la succession, le recours au CSE n'étant pas obligatoire comme le précise le règlement (Commentaire du règlement européen sur les successions, v. Certificat successoral européen par B. Reinhartz, éd. Dalloz 2015, p. 260 no 13).

Source : CJUE 1-7-2021 aff. 301/20

+ D’ARTICLES

Avertissements communs à tous les articles et aux placements en général :

• les textes et documents publiés sur ce site Internet n'ont pas de valeur contractuelle, sauf mention contraire expresse. Les informations communiquées sont génériques et ne constituent ni un conseil personnalisé ni une recommandation d'investir ou de vendre ;

• elles ne constituent pas une offre, une sollicitation ou une recommandation d'adopter une stratégie d'investissement. La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent varier à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer les montants initialement investis.

• les communications des sociétés de gestion, assureurs, banquiers ou promoteurs immobiliers ont généralement un caractère commercial : vous êtes invité à en prendre connaissance avec un oeil critique ;

• les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures ;

• tous les placements présentent des risques spécifiques tels que le risque lié à une gestion discrétionnaire, le risque de perte en capital, le risque de perte de chance, le risque de liquidité, le risque de change : vous devez prendre connaissance des facteurs de risques spécifiques à chaque solution avant toute décision d'investissement ;

• tous les placements sont soumis à une fiscalité qui dépend du placement lui-même et/ou de la situation personnelle de l'investisseur : vous devez vous informer de la fiscalité applicable à votre situation avant toute décision d'investissement (étant entendu que la fiscalité peut toujours évoluer durant la vie de votre investissement en cas de réforme fiscale pouvant s'appliquer de façon rétroactive) ;

• tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou de son Conseiller pour confronter les points de vue et se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement, indépendamment des opinions et avis communiqués par les gestionnaires, et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale personnelle, ses moyens financiers, ses besoins, ses objectifs et son tempérament d'investisseur.

Photo conseiller
Besoin d'aide pour décrypter l'actualité patrimoniale ?
Sélection 2023 des 100 professionnels qui font le patrimoine
Confiez la gestion de votre patrimoine à un cabinet reconnu
Logo Distrib Invest / Les Coupoles 2018Logo du Championnat des CGPI en allocation d’actifsLogo Sommet patrimoine performance 2020Logo Leaders LeagueSélection 2023 des 100 professionnels qui font le patrimoineLogo des prix de la finance durable
Logo Haussmann Patrimoine
S’abonner à la Newsletter
Restez informé de l'actualité sur les marchés et nos solutions d'investissement :
Nous ne partageons pas vos données et vous pourrez personnaliser votre contenu en fonction de vos centres d'intérêt et vous désabonner à tout moment. En savoir plus sur le traitement de vos données personnelles...
Avertissements
Investir comporte des risques de perte en capital et les performances passées ne présagent pas des performances futures.

Nos conseillers sont disponibles pour vous aider à réaliser vos projets d’investissement :
Depuis plus de 24 ans Haussmann Patrimoine met tout en oeuvre pour faire mieux que votre banque privée.
Copyright © 2002-2026 All rights reserved
Suivez-nous
ID Session MyvHILD53qq4UXn7hlVj3ffhOeDyGH4HKUqb97CGa0o
| ID Contact 0 | ID Page