
Les débats houleux dans l'hémicycle autour du budget de la France pour 2026, où la hausse de la fiscalité a été au centre des débats parlementaires, ont finalement abouti à une impasse et au vote d'une « loi spéciale ».
Les députés ont tout de même acté une hausse de la CSG qui alourdit la fiscalité pour pratiquement tous les français.
Mais nos politiciens, grands spécialistes de la fiscalité, sont aussi les champions des « usines à gaz » et ils ne se sont pas contentés de voter une hausse de la CSG : ils ont aussi complexifié les règles en prévoyant un ensemble de cas où la CSG reste à 9,2 % : on retrouve alors le taux global « historique » à 17,2 %.
En plus des cas où la CSG et les prélèvements sociaux ne s'appliquent pas... Sans compter la question de la date d'application du nouveau taux qui n'est pas toujours simple non plus.
Nul n'est censé ignorer la loi. Mais encore faut-il la comprendre et se tenir informé très régulièrement pour suivre les changements dans un contexte où l'instabilité fiscale domine.
Sur les revenus du patrimoine et les produits de placement, le taux de CSG « de référence » passe à 10,6 % (au lieu de 9,2 %) ce qui porte le taux global de prélèvements sociaux à 18,6 % (si l'on additionne CSG + CRDS + prélèvement de solidarité).
| CSG | CRDS | Prélèvement de solidarité | Total | |
| Taux standard | 10,6 % | 0,5 % | 7,5 % | 18,6 % |
| Taux réduit | 9,2 % | 0,5 % | 7,5 % | 17,2 % |
Sauf exceptions, les contributions sur revenus du patrimoine (CSS art. L 136-6) et produits de placement (CSS art. L 136-7) sont désormais au taux de CSG 10,6 % (CSS art. L 136-8, I, 2°), soit 18,6 % au total (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %).
Le CSS art. L 136-8, IV liste les cas qui restent à 9,2 % (donc 17,2 %). Tout ce qui est dans CSS art. L 136-6 et CSS art. L 136-7 mais n'entre pas dans cette liste bascule au taux « standard ».
| REVENUS | PLUS-VALUES |
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Le CSS art. L 136-8, IV maintient une CSG à 9,2 % sur une liste limitative de revenus/produits. Dans ces cas, le total des prélèvements sociaux reste à 17,2 % (9,2 % + 0,5 % + 7,5 %).
| REVENUS | PLUS-VALUES |
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Certains produits sont exonérés d'impôt sur le revenu et, en pratique, ne supportent pas les prélèvements sociaux sur leurs intérêts (régime d'épargne réglementée). Les références d'exonération d'impôt sur le revenu figurent notamment à l'article CGI art. 157 :
Les textes prévoient un cas d'exonération de CSG (au sens des contributions CSS art. L 136-6 et CSS art. L 136-7) lorsque le contribuable relève, pour l'assurance maladie, d'une législation applicable en vertu du règlement (CE) n°883/2004 et n'est pas à la charge d'un régime obligatoire français :
Le CGI art. 235 ter, II précise que le prélèvement de solidarité est recouvré « sans qu'il soit fait application du I ter » des articles CSS art. L 136-6 et CSS art. L 136-7.
Autrement dit : même si la CSG peut être neutralisée via la non-affiliation, le prélèvement de solidarité (7,5 %) demeure toujours applicable.
Conséquence pratique : les taux « 18,6 % / 17,2 % » sont les taux globaux lorsque CSG + CRDS + solidarité s'appliquent normalement. En situation de non-affiliation, le calcul global peut différer (au minimum, la solidarité s'applique).Les dates d'application sont directement précisées dans CSS art. L 136-8 :
Cette rédaction vise des situations où le fait générateur et la « constitution » du produit (acquis/constaté) ne coïncident pas (règles techniques de certains placements). En pratique, l'établissement payeur (banque/assureur) applique ces règles et doit ventiler selon les dates pertinentes.
Parce que la différence porte sur la CSG : le CSS art. L 136-8 fixe un taux de 10,6 % mais maintient une CSG à 9,2 % pour une liste limitative de produits. La CRDS (0,5 %) et la solidarité (7,5 %) ne changent pas et s'ajoutent, ce qui fait un total de 18,6 % (le nouveau taux standard) ou de 17,2 % (l'ancien taux qui subsiste pour certaines exceptions et qui devient le taux réduit à compter du 1er janvier 2026).
Les revenus fonciers (revenus du patrimoine) sont visés au CSS art. L 136-6, I, a), et au CSS art. L 136-8, IV, 1° les maintient à 9,2 % de CSG (donc 17,2 % au total).
Les plus-values immobilières visées au CSS art. L 136-7, I, 2° (CGI art. 150 U à 150 UC) sont maintenues à 9,2 % de CSG par CSS art. L 136-8, IV, 2°.
Les textes prévoient une non-redevabilité de la CSG sur ces contributions si vous relevez du règlement (CE) n°883/2004 et n'êtes pas à la charge d'un régime obligatoire français (CSS art. L 136-6, I ter et CSS art. L 136-7, I ter). En revanche, le prélèvement de solidarité demeure dû (CGI art. 235 ter, II).
Selon le CSS art. L 136-8 : pour l'article L. 136-6, à compter de l'imposition des revenus de l'année 2025 ; pour L 136-7, à compter du 1er janvier 2026, avec exceptions et antériorités explicitement mentionnées (références à la loi n° 2025-1043 du 30 décembre 2025 et à la loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017).
Vous souhaitez remonter à la source ? Voici les textes de lois qui définissent les nouvelles règles applicables à la CSG 2026 :
• • les textes et documents n'ont pas de valeur contractuelle, sauf mention contraire expresse. Les informations communiquées sont génériques et ne constituent ni un conseil personnalisé ni une recommandation d'investir ou de vendre ;
• Elles ne constituent pas une offre, une sollicitation ou une recommandation d'adopter une stratégie d'investissement. La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent varier à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer les montants initialement investis.
• les communications des sociétés de gestion, assureurs, banquiers ou promoteurs immobiliers peuvent avoir un caractère commercial : vous êtes invité à en prendre connaissance avec un oeil critique ;
• les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures ;
• tous les placements présentent des risques spécifiques tels que le risque lié à une gestion discrétionnaire, le risque de perte en capital, le risque de liquidité, le risque de change : vous devez prendre connaissance des facteurs de risques spécifiques à chaque solution avant toute décision d'investissement ;
• tous les placements sont soumis à une fiscalité qui dépend du placement lui-même et/ou de la situation personnelle de l'investisseur : vous devez vous informer de la fiscalité applicable à votre situation avant toute décision d'investissement (étant entendu que la fiscalité peut toujours évoluer durant la vie de votre investissement en cas de réforme fiscale) ;
• tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou de son conseiller pour se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement indépendamment des opinions et avis communiqués par les gestionnaires, et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale et personnelle.