
Les anticipations des marchés financiers sur une issue positive des négociations sino-américaines, régulièrement entretenues par Mr. Trump et confirmées par les autorités chinoises, ont subitement été douchées au cours de la seconde semaine de ce mois de mai.
Il aura suffi d'un tweet, menaçant de mettre fin à la suspension de la hausse des droits de douane, de 10 à 25% sur un volume de 200 milliards de dollars d'importation de produits chinois qui avait été décidée en décembre dernier, le temps des négociations, pour changer l'atmosphère.
Malgré le déplacement du vice premier ministre chinois maintenu à Washington pour le supposé dernier round de négociations, les points de désaccords non levés (sur la propriété industrielle semble-t-il) ont motivé la décision d'application de cette menace.
Bien que restant ouverte aux négociations, la réplique chinoise n'a pas tardé. Dès le lundi 13 mai, le gouvernement annonçait à son tour une augmentation des droits de douane sur un volume annuel d'importation de produits américains de 60 milliards de dollars, de 10 à 20, voire 25%, à compter du 1er juin. Selon le « Quotidien du Peuple » du comité central du Parti communiste, la Chine n'entend pas « renoncer à être respectée et avaler des couleuvres »
A l'image de la météo adverse de cette période, d'ailleurs dite des « saints de glace », l'optimisme qui prévalait jusqu'alors a vite cédé le pas à la nervosité. La volatilité est brusquement remontée et les marchés les plus exposés, asiatiques plus particulièrement, ont subi un net repli.
Ballotés par cette actualité politique, l'évocation par Donald Trump, d'une rencontre avec son homologue chinois en marge du prochain sommet du G20 qui aura lieu fin juin, redonne un peu de baume au coeur aux investisseurs. Ce schéma de sentiment alternatif (risk on/ risk off) semble être de nouveau installé pour les prochaines semaines…
Sur le plan économique, les données sont disparates.
Aux Etats-Unis la croissance du PIB a surpris, a plus 3,2% contre une prévision de plus 2,4%. Il faut cependant relativiser ce chiffre, dynamisé par une forte reconstitution des stocks sur la période.
Par ailleurs, la productivité affiche une progression de 2,4% sur un an, soit le taux le plus élevé depuis près de neuf ans. Cette progression vient compenser la hausse des coûts salariaux qui reste modérée.
En revanche, les ventes au détail, qui illustrent les dépenses des ménages, affectées par le repli des ventes automobiles, fléchissent de 0,2% en avril après un bond de 1,6% en mars.
En chine, alors que les mesures de soutien visant à limiter les effets négatifs des tensions commerciales avec les Etats-Unis avaient commencé à porter leurs fruits, les derniers indicateurs publiés le 15 mai déçoivent : la croissance des ventes au détail ralenti au rythme annuel de +7,2% contre un chiffre de + 8,6% attendu. La production industrielle ne progresse que de 5,4% contre 6,5% attendu.
L'économie de la zone euro s'améliore. Après le fort ralentissement enregistré depuis l'automne dernier, la croissance se stabilise, portée par l'Espagne notamment, mais aussi par l'Allemagne qui vient de publier un PIB en progression de 0,4% pour le premier trimestre.
Du côté des entreprises, les résultats pour ce premier trimestre 2019 ont dans l'ensemble été positifs et supérieurs aux prévisions des analystes. Aux Etats-Unis, les bénéfices par actions publiés pour le premier trimestre ont rebondi de 6% après avoir chuté de 15% sur le trimestre précédent.
Au global, le regain de tensions entre les 2 premières puissances économiques augmente indéniablement le degré d'incertitude à court terme et incite à la prudence.
Après le rebond spectaculaire des marchés financiers jusqu'à la mi-avril, les investisseurs qui sont restés investis sont enclins à réduire leur exposition. Ceux qui n'ont pas participé à ce mouvement, majoritaires d'après les flux sortants sur les fonds d'actions depuis le début de l'année, guettent des points d'entrée sur repli. Ce facteur peut constituer une force de rappel, sous réserve toujours d'aboutir à un deal sino-américain d'ici la fin juin…
Achevé de rédiger le 15 mai 2019
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