

Pour mémoire, lorsqu'un prêt est consenti par une entreprise liée, les intérêts sont déductibles dans la limite de ceux calculés d'après un taux défini à l'article 39-1-3° du Code Général des Impôts.
Toutefois, l'entreprise emprunteuse bénéficie d'un mécanisme de preuve contraire : elle peut déduire des intérêts calculés d'après un taux supérieur si elle démontre que ce dernier correspond au taux qu'elle aurait pu obtenir d'établissements ou d'organismes financiers indépendants dans des conditions analogues (article 212-I-a du Code Général des Impôts).
Il incombe à la société de justifier que le taux d'intérêt pratiqué correspond au taux que des établissements ou organismes financiers indépendants auraient été susceptibles, compte tenu de ses caractéristiques propres, et notamment de son profil de risque, de lui consentir pour un prêt présentant les mêmes caractéristiques dans des conditions de pleine concurrence.
Rappel des faits :
La SAS S, qui est la société holding d'un groupe de sociétés exploitant des garages de contrôle technique, exerce, d'une part, une activité de prestation de services au profit des sociétés du groupe et, d'autre part, une activité de prise de participation, d'acquisition, de gestion, de cession de valeurs immobilières et titres.
A la suite d'une vérification de comptabilité la SAS S a été assujettie, notamment, à des cotisations supplémentaires d'IS au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 à raison de la remise en cause du caractère déductible d'intérêts d'emprunt versés à la société N, qui détient l'intégralité de son capital, calculés au taux fixe de 5,5 % en application d'un contrat du 31 mars 2012.
L'administration fiscale, après avoir remis en cause, en se fondant notamment sur l'article 212 du Code Général des Impôts, l'ensemble des intérêts d'emprunt déduits par la SAS S à raison de ce prêt, a, à la suite de la saisine de l'interlocuteur départemental, admis la déduction des intérêts d'emprunt dans la limite d'un taux d'intérêt de 2,84 %, calculé en application de l'article 39-1-3° du Code Général des Impôts.
La SAS S a relevé appel du jugement par lequel le TA de Montreuil a rejeté sa demande tendant à la décharge des impositions qui lui ont été ainsi assignées.
Au cas particulier, pour justifier de ce que le taux d'intérêt consenti par la société N était comparable au taux d'intérêt qu'elle aurait pu obtenir d'établissements ou d'organismes financiers indépendants dans des conditions analogues, la SAS S, fait valoir que :
Répondant aux arguments de l'appelante, la Cour précise :
Pour la Cour :
la SAS S n'établit pas qu'elle aurait pu obtenir un taux de 5,5 % de la part d'établissements ou d'organismes financiers indépendants pour un prêt consenti dans des conditions analogues, au sens de l'article 212 du code général des impôts. Il suit de là que c'est à bon droit, sur le fondement de ces dispositions, que l'administration fiscale n'a admis la déduction des intérêts d'emprunt que dans la limite d'un taux d'intérêt de 2,84 %.
Source : Arrêt de la CAA de Paris du 23 septembre 2021, n°20PA03026
• les textes et documents publiés sur ce site Internet n'ont pas de valeur contractuelle, sauf mention contraire expresse. Les informations communiquées sont génériques et ne constituent ni un conseil personnalisé ni une recommandation d'investir ou de vendre ;
• elles ne constituent pas une offre, une sollicitation ou une recommandation d'adopter une stratégie d'investissement. La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent varier à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer les montants initialement investis.
• les communications des sociétés de gestion, assureurs, banquiers ou promoteurs immobiliers ont généralement un caractère commercial : vous êtes invité à en prendre connaissance avec un oeil critique ;
• les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures ;
• tous les placements présentent des risques spécifiques tels que le risque lié à une gestion discrétionnaire, le risque de perte en capital, le risque de perte de chance, le risque de liquidité, le risque de change : vous devez prendre connaissance des facteurs de risques spécifiques à chaque solution avant toute décision d'investissement ;
• tous les placements sont soumis à une fiscalité qui dépend du placement lui-même et/ou de la situation personnelle de l'investisseur : vous devez vous informer de la fiscalité applicable à votre situation avant toute décision d'investissement (étant entendu que la fiscalité peut toujours évoluer durant la vie de votre investissement en cas de réforme fiscale pouvant s'appliquer de façon rétroactive) ;
• tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou de son Conseiller pour confronter les points de vue et se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement, indépendamment des opinions et avis communiqués par les gestionnaires, et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale personnelle, ses moyens financiers, ses besoins, ses objectifs et son tempérament d'investisseur.