
L'élection surprise de Donald TRUMP, qui aura une fois de plus déjoué les sondages, a été suivie d'un deuxième effet contredisant les anticipations de forte correction des marchés dans le cas d'une telle issue.
Endossant le costume de Président dès son discours de victoire avec un ton modéré jusqu'alors inconnu chez le personnage, les marchés n'ont pas seulement été rassurés. Ils ont aussitôt « acheté » les mesures économiques en faveur des entreprises américaines, consistant à réduire fortement leur taux d'imposition.
Depuis le 08 novembre, les indice Dow Jones et S&P 500 ont battu de nouveaux records. Ainsi le Dow Jones progresse de 5,10 % et le S&P 500 de 3,88 %. En parallèle, le dollar s'est apprécié d'environ 4 % contre l'euro, l'once d'or a chuté de 7,5 % et les taux à 10 ans ont bondi de 1,70 % à 2,35 %, entrainant une correction des marchés obligataires.
Les secteurs privilégiés par le programme « reflationniste » du Président élu, tels que ceux des infrastructures, de la construction et de la défense, ainsi que celui de la santé dont les valeurs pharmaceutiques et de biotechnologies avaient souffert des positions tranchées à leur égard de la part d'Hillary Clinton, ont été les grands gagnants d'une forte rotation sectorielle, au détriment des valeurs défensives.
Les petites valeurs, pour lesquelles la baisse de l'impôt sur les sociétés annoncée est la plus forte, ont pris la tête de ce mouvement, avec une hausse de 11,40 % sur l'indice Russell 2000.
Les indicateurs économiques publiés sur la période ont également participé à cette tendance. Ainsi, la progression sur un an des commandes de biens durables qui ressort à 4,80 % aux Etats-Unis, de même que la hausse de l'indice PMI Markit Manufacturier et de l'indice de confiance du consommateur surprennent positivement. Le taux de croissance du PIB atteint un plus haut de 2 ans à 3,2 % grâce à la hausse des dépenses de consommation et à la vigueur des exportations.
La zone euro confirme également sa progression des mois précédents, avec une indice PMI Markit qui enregistre sa plus forte progression depuis de le début de l'année, à 54,1 points contre 53,3 points en octobre.
Parmi les étapes clés de cette fin d'année, nous avions, en ce jour du 30 novembre, la réunion des pays membres de l'OPEP et de certains pays non membres visant à finaliser les accords de réduction de production de pétrole. L'issue, qui était aléatoire, est positive et se solde par un accord de réduction d'1,2 million de barils par jour, ramenant la production globale à 32,5 millions de barils/jour. Cet accord, qui doit permettre de rééquilibrer l'offre/demande sur 2017, se traduit en séance par un hausse de 8 % du prix du baril. D'après les spécialistes de l'énergie, la dynamique de la demande attendue sur 2017 devrait favoriser une poursuite de cette remontée au-dessus des 50 dollars le baril, avec cependant une force de rappel au seuil supérieur des 60 dollars, à partir duquel l'exploitation du « non conventionnel » américain est rentable.
L'étape suivante porte sur le référendum constitutionnel italien le dimanche 4 décembre. Le « non » qui l'emporte largement dans les anticipations a entrainé une forte tension sur le taux à 10 ans italien qui bondit de 1,188 % début octobre à 1,88 %, après un pic à 2,13 % quelques jours plus tôt. Ceci avant que Mario Draghi ne confirme le fait que la BCE serait là en soutien, en achetant plus de bons du Trésor italien si l'issue du référendum provoquait une trop forte hausse du coût de financement de l'Etat.
Dans son récent rapport sur la stabilité financière, la BCE relève d'ailleurs les risques qui peuvent être engendrés par de tels mouvements à la hausse sur les taux d'intérêt. Elle est confrontée à une triple défi : Le premier porte sur sa capacité à contenir une contagion de la hausse des taux Américains. Les pays fragiles tel que l'Italie et son système bancaire très exposé pourraient-il supporter une forte hausse du coût de leur dette ? Le second concerne le contenu de son programme de rachats d'actifs qui touche ses limites techniques, n'ayant bientôt plus de titres portugais à racheter et approchant les mêmes limites sur d'autres marchés souverains. Le troisième consiste à convaincre (l'Allemagne notamment) que sa politique très accommodante doit encore être maintenue, voire prolongée, alors que la menace déflationniste s'est maintenant bien estompée avec la remontée des prix pétroliers.
Son prochain comité du 08 décembre devrait apporter un éclairage sur la suite de sa politique monétaire, au-delà de Mars 2017, terme initialement prévu de son programme de rachats d'actifs.
La dernière étape clé de cette année 2016, marquée par des changements politiques majeurs, sera celle du comité de la réserve fédérale Américaine (FED) du 14 décembre. Une remontée d'un quart de point de son taux directeur est maintenant plus que probable.
Jusqu'à cette date très proche, il nous parait préférable de maintenir notre cap prudent en termes d'allocation d'actifs avant d'envisager de relever l'exposition aux actions.
Achevé de rédiger le 30 novembre 2016
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