
La guerre d'usure au Moyen-Orient orchestrée par le blocage du détroit d'Ormuz affecte de plus en plus l'économie mondiale.
A ce jeu perdant-perdant et sous la pression des autres pays (et de l'agenda politique pour ce qui concerne les Etats-Unis), l'Iran et les Etats-Unis sont contraints de sortir de cette impasse tout en essayant de sauver la face pour ces derniers.
Si chacun des belligérants est clairement motivé par cet objectif, les termes d'un accord (ou protocole d'accord appelé à se dérouler par étapes) évoqués de jour en jour dans le cadre des négociations intermédiées ne font toujours pas l'unanimité.
Cependant, chaque communication sur le caractère imminent d'une réouverture du détroit est accueillie non seulement par une détente des prix pétroliers et des taux obligataires mais aussi par un élan haussier des marchés d'actions.
Ces derniers ont d'ailleurs surpris par leur entrain pendant la période de publications des résultats du premier trimestre tirés par le secteur technologique et par les investissements sur l'intelligence artificielle.
La dégradation des indicateurs économique provoquée par le conflit est passée au second plan.
La zone euro est confrontée à la hausse de l'inflation tirée par les prix de l'énergie et à une activité économique en contraction. Le dernier indicateur PMI flash composite est tombé à un plus bas de trente mois, à 47,7 points, contre 48,8 points attendus.
Au risque de pénaliser plus encore l'activité économique, la BCE prévoit de relever ses taux directeurs de 0,25 points le 11 juin prochain, sauf « en cas de réouverture du détroit » d'après la dernière allocution de sa Présidente, Christine Lagarde.
Aux Etats-Unis, également rattrapés par l'inflation avec une hausse des prix à la consommation de 3,8% sur un an et un bond des prix à la production de + 6%, le moral du consommateur chute. L'indice mesurant cette confiance et publié le 22 mai par l'université du Michigan a atteint un plus historique à 44,8 points.
En revanche, les PMI flash pour le mois de mai résistent en se maintenant à 51,7 points grâce à l'activité manufacturière. Celle-ci est portée par une démarche préventive de reconstitution des stocks face au risque d'enlisement du conflit.
Tandis que les marchés pronostiquaient en début d'année deux baisses de taux de la part de la Réserve fédérale, la perspective est maintenant inversée avec la probabilité (à la lecture des minutes du précédent comité publiées la semaine dernière) d'une hausse sur 2026.
Plus généralement, d'après le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, les réserves de pétrole risquent d'atteindre un seuil critique dès le mois de juin.
Le recours aux réserves stratégiques depuis trois mois a permis de combler pour partie les défauts d'acheminent, mais le temps presse maintenant.
En amont de la « driving season » aux Etats-Unis, les stocks de carburant et de pétrole sont au plus bas.
A l'approche de la coupe du monde de football aux Etats-Unis qui débutera le 11 juin, de la célébration du 250ème anniversaire de l'« Independance Day » le 4 juillet, puis en ligne de mire des élections de mi-mandat le 3 novembre prochain, la pression sur l'administration Trump s'accentue.
Parvenir à un accord pour débloquer le détroit relève bel et bien de l'exercice imposé.
Achevé de rédiger le 25 mai 2026
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