

Comme nous pouvions raisonnablement l'espérer au début du mois d'avril, les publications des résultats trimestriels des entreprises, dans l'ensemble à la hauteur des attentes, ont permis au sentiment de marché de reprendre le dessus sur les facteurs baissiers d'ordre géopolitique qui l'avait affecté depuis la fin janvier.
Pour les Etats-Unis, une large majorité de ces résultats est supérieure aux attentes. Les chiffres d'affaires le sont également. Les grandes valeurs du secteur technologique, qui avaient subi une nette correction en mars, ont levé les doutes sur la robustesse de leur modèle économique. La plus significative est Apple, qui, forte de ses résultats, lance un programme de rachat d'actions de cent milliards de dollars et est portée aux nues par le fameux Warren Buffet.
En Europe, ces résultats sont légèrement supérieurs aux attentes, mais les chiffres d'affaires sont un peu en deçà. Pour autant, cela n'a pas empêché à la plupart des indices des places européennes de revenir en territoire positif et d'accrocher les plus hauts atteints avant les phases de corrections.
Ceci malgré un fléchissement du PIB en zone euro, qui évolue de 0,4 % contre 0,7 % sur le dernier trimestre de l'année 2017. Ce ralentissement est attribué à une baisse de la consommation et des exportations, probablement affectées par la force de l'euro sur la période.
La publication du PMI final Markit composite pour le mois d'avril démontre une bonne résistance, sur un niveau de 55,1 points, contre 55,2 en mars. L'emploi poursuit sa progression sur l'ensemble des pays membres, excepté pour l'Espagne.
Toujours pour la zone euro, l'inflation affiche une baisse, à 1,2 % contre 1,3 % en mars, due au secteur des services pour lequel la hausse des prix ralentit en rythme annuel à 1 % contre 1,5 % le mois précédent.
Aux Etats-Unis, la Réserve Fédérale a laissé ses taux directeurs inchangés tout en réaffirmant sa confiance à l'égard de la solidité de l'activité économique et de son objectif d'inflation. L'indice PCE (Personal Consumption Expenditure) s'élève à 1,9 % sur le mois de mars et la hausse des salaires sur un an ressort à 2,6 %.
Pour la première fois depuis l'année 2000, le taux de chômage passe sous le seuil des 4 %, à 3,9 %.
L'indicateur PMI IHS Markit progresse encore, à 56,5 points, contre 55,6 en mars.
Cette dynamique économique et les déclarations du Président de la FED ont provoqué un regain de tension sur le taux des bons du trésor à 10 ans, qui a repassé la barre des 3 % avant de revenir à 2,97 % en fin de semaine.
Ils ont aussi conforté la remontée du dollar face à l'euro, de 1,24 à moins de 1,18, atteint le 09 mai. La publication le lendemain d'un indice des prix à la consommation, qui s'est avéré inférieur aux attentes, à 0,2 % contre 0,3 %, a ensuite atténué ce mouvement, la parité euro/dollar revenant ce jour à 1,198.
Le dernier fait marquant sur la période est la décision de Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire Iranien. Les places boursières, qui avaient manifestement bien intégré cette hypothèse de retrait, ont bien résisté. L'incidence porte sur le prix de pétrole avec une envolée du baril de Brent de plus de 3 % sur la semaine, à 77 dollars. Cette décision à l'égard de l'Iran, 3ème producteur des pays membres de l'OPEP, s'accompagne d'un regain de tension militaire avec Israël.
Le risque géopolitique est de nouveau bien présent et au-delà, la hausse du pétrole pourrait raviver les craintes inflationnistes aux Etats-Unis et affecter les taux longs. Enfin, la reprise d'activité en Iran d'une partie de l'industrie Européenne, secteurs automobile et aéronautique en tête, est susceptible d'être prise à revers.
Dans ce contexte, et fort des bons niveaux reconquis par les marchés d'actions, qui évoluent en dents de scie, il nous semble avisé d'alléger tactiquement les expositions et d'ajuster les biais sectoriels, en faveur de l'énergie notamment.
Achevé de rédiger le 14 mai 2018
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